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Union Africaine

Guerre en Ukraine : la RDC s’aligne derrière la position officielle de l’Union Africaine dans le conflit

L’impact de la guerre en Ukraine se fait sentir bien au-delà de ses frontières. Elle crée depuis le début le 24 février d’une « opération militaire spéciale » par la Russie, entre autres, plus de 1,2 millions de réfugiés qui ont fui le pays. Le sort des citoyens congolais qui habitent l’Ukraine est la première préoccupation du gouvernement de la République démocratique du Congo liée à cette guerre. Alors que les Ukrainiens fuyant la guerre sont vite accueillis par les pays voisins, de nombreux reportages font état de racisme dans le traitement des Africains, Asiatiques et Caribéens, souvent bloqués aux frontières.

Selon une source diplomatique européenne, qui citait le ministère congolais des Affaires étrangères, il y avait 409 citoyens congolais en Ukraine au moment du déclenchement de la guerre, dont environ 200 ont déjà trouvé refuge en Pologne. Jusque-là, le gouvernement a sollicité l’aide de l’Organisation internationale des migrations pour ces réfugiés et a contacté le gouvernement russe pour la création d’un « corridor humanitaire ». Cependant, aucune communication officielle du gouvernement congolais n’a encore été faite à ce sujet, encore moins sur la guerre en Ukraine en général.

Mais ce qui fait le plus débat au Congo, c’est la géopolitique. Pour les uns, la Russie n’est qu’un simple agresseur illégitime. Pour les autres, la mobilisation occidentale contre cette dernière, notamment à travers des sanctions, relève de l’hypocrisie. Combien de fois les pays occidentaux ont-ils envahi d’autres pays comme l’Irak, l’Afghanistan ou la Libye ? Serait-ce une question de deux poids, deux mesures ?

Un choix logique pour un pays qui a déjà subi des agressions et l’occupation des parties de son territoire

Au 11e jour de l’invasion du territoire ukrainien par la Russie, les réactions des pays africains sont toujours aussi timides. Le vote mercredi 3 mars de la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU qui « exige que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l’Ukraine » a donné quelques indications : seize pays africains se sont abstenus sur 35 abstentions dans le monde.

Parmi les pays africains ayant voté pour, la RDC a adopté une résolution condamnant « l’agression » russe en Ukraine, tout en réaffirmant « son engagement envers la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues ». Choix logique pour un pays qui a déjà subi des agressions et l’occupation des parties de son territoire par des pays voisins, notamment le Rwanda et l’Ouganda. Et qui diffère de celui des pays comme le Mali ou la République centrafricaine, qui ont des contractants militaires russes sur leurs sols.

Cependant, la position prise par la RDC pourrait aussi être la conséquence de son repositionnement sur l’échiquier politique mondial depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir,qui s’est rapproché notamment des États-Unis et de l’Occident en général. Ces pays ont-ils exigé que la RDC adopte leur position ? Quelles pourraient en être les conséquences pour la relation entre la RDC et la Russie ? Dans tous les cas, ce vote ne fait que renforcer le parti pris de la RDC pour ses alliés occidentaux dans la configuration géopolitique mondiale actuelle.

RDC: l’UA demande «la suspension de la proclamation définitive» des résultats
RDC: l’UA demande «la suspension de la proclamation définitive» des résultats

RDC: l’UA demande «la suspension de la proclamation définitive» des résultats

Les résultats contestés de l’élection présidentielle en RDC étaient au centre d’une réunion à huis-clos à Addis Abeba, ce jeudi 17 janvier, entre la SADC, la CIRGL et l’UA. Une rencontre à la demande de Paul Kagame, président en exercice de l’Union africaine.
Il aura fallu près de cinq heures de huis clos pour que la dizaine de chefs d’Etat et de gouvernements présents à Addis-Abeba se mettent d’accord. Le communiqué final appelle à l’arrêt du processus de proclamation des résultats finaux des résultats de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo. La Cour constitutionnelle doit normalement communiquer les résultats définitifs ce vendredi.
Les dirigeants notent qu’il subsiste « des doutes sérieux sur la conformité des résultats provisoires » donnés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), jeudi 10 janvier.
Et pour assurer le service après-vente de cette décision, une délégation va se rendre à Kinshasa en urgence. Elle sera composée de Paul Kagame, président en exercice de l’Union africaine, du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, et d’autres dirigeants qui ont pris part à la réunion. Une source à la direction de l’UA évoque leur venue pour lundi.
Le ton reste donc conciliant, mais paraît ferme. Davantage en tout cas que celui employé un peu plus tôt par six dirigeants de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe). Ils s’étaient contentés de féliciter les autorités de la RDC pour la tenue des élections dans un contexte difficile, tout en appelant la communauté internationale à ne pas s’ingérer dans les affaires internes de Kinshasa. 

Réactions en RDC

En RDC, cette déclaration de l’UA est saluée par Martin Fayulu, le candidat de la coalition Lamuka qui revendique la victoire. 
« Il est tout à fait inapproprié d’exercer quelque forme que ce soit pour une Cour [constitutionnelle] qui est appelé à prendre un arrêt qui est attendu par des millions de Congolais sur une question aussi importante que les élections », a en revanche réagi Me Aimé Kilolo, porte-parole d’Emmanuel Ramazani Shadary, candidat malheureux de la coalition au pouvoir. Et il rappelle que « la Cour constitutionnelle est la seule habilitée à vider le contentieux relatif au scrutin présidentiel. On ne s’adresse pas à une Cour constitutionnelle par voie de communiqué. Cela se fait par requête, suivant la procédure prévue à cet effet. »
Le secrétaire général de l’actuelle majorité au pouvoir en RDC et président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, assure que les autorités congolaises accepteront le dialogue avec l’UA.
Corneille Nangaa, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), n’a de son côté pas souhaité réagir. L’UDPS, le parti de Félix Tshisekedi, déclaré vainqueur de la présidentielle du 30 janvier selon les résultats provisoires de la Céni, n’était pas joignable jeudi soir.