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Presidentiel RDC

RDC: l’UA demande «la suspension de la proclamation définitive» des résultats
RDC: l’UA demande «la suspension de la proclamation définitive» des résultats

RDC: l’UA demande «la suspension de la proclamation définitive» des résultats

Les résultats contestés de l’élection présidentielle en RDC étaient au centre d’une réunion à huis-clos à Addis Abeba, ce jeudi 17 janvier, entre la SADC, la CIRGL et l’UA. Une rencontre à la demande de Paul Kagame, président en exercice de l’Union africaine.
Il aura fallu près de cinq heures de huis clos pour que la dizaine de chefs d’Etat et de gouvernements présents à Addis-Abeba se mettent d’accord. Le communiqué final appelle à l’arrêt du processus de proclamation des résultats finaux des résultats de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo. La Cour constitutionnelle doit normalement communiquer les résultats définitifs ce vendredi.
Les dirigeants notent qu’il subsiste « des doutes sérieux sur la conformité des résultats provisoires » donnés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), jeudi 10 janvier.
Et pour assurer le service après-vente de cette décision, une délégation va se rendre à Kinshasa en urgence. Elle sera composée de Paul Kagame, président en exercice de l’Union africaine, du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, et d’autres dirigeants qui ont pris part à la réunion. Une source à la direction de l’UA évoque leur venue pour lundi.
Le ton reste donc conciliant, mais paraît ferme. Davantage en tout cas que celui employé un peu plus tôt par six dirigeants de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe). Ils s’étaient contentés de féliciter les autorités de la RDC pour la tenue des élections dans un contexte difficile, tout en appelant la communauté internationale à ne pas s’ingérer dans les affaires internes de Kinshasa. 

Réactions en RDC

En RDC, cette déclaration de l’UA est saluée par Martin Fayulu, le candidat de la coalition Lamuka qui revendique la victoire. 
« Il est tout à fait inapproprié d’exercer quelque forme que ce soit pour une Cour [constitutionnelle] qui est appelé à prendre un arrêt qui est attendu par des millions de Congolais sur une question aussi importante que les élections », a en revanche réagi Me Aimé Kilolo, porte-parole d’Emmanuel Ramazani Shadary, candidat malheureux de la coalition au pouvoir. Et il rappelle que « la Cour constitutionnelle est la seule habilitée à vider le contentieux relatif au scrutin présidentiel. On ne s’adresse pas à une Cour constitutionnelle par voie de communiqué. Cela se fait par requête, suivant la procédure prévue à cet effet. »
Le secrétaire général de l’actuelle majorité au pouvoir en RDC et président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, assure que les autorités congolaises accepteront le dialogue avec l’UA.
Corneille Nangaa, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), n’a de son côté pas souhaité réagir. L’UDPS, le parti de Félix Tshisekedi, déclaré vainqueur de la présidentielle du 30 janvier selon les résultats provisoires de la Céni, n’était pas joignable jeudi soir. 

 

Seth Kikuni, candidat malheureux à la présidentielle accuse C.Nangaa d’avoir détourné ses voix au profit de Shadary

Le candidat malheureux à l’élection présidentielle du 30 décembre dernier, Seth Kikuni a accusé le président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) Corneille Nangaa, de détourner ses voix au profil du candidat du Front Commun pour le Congo (FCC) Emmanuel Ramazani Shadary.

« Corneille Naanga mérite la prison. Il a même reduit à 10% le peu de voix que j’ai obtenu pour les donner à Shadary. Quelle cruauté! », a -t-il twitté ce mercredi 16 janvier 2019.
Pour rappel, le résultat provisoire de la CENI à la présidentielle consacre le candidat commun de cap pour le changement (CACH) Félix Tshisekedi vainqueur avec 38,57% des voix.
Il est suivi de l’opposant de la Coalition LAMUKA Martin Fayulu qui a saisi la cour constitutionnelle en consternation des ses résultats.
Le dauphin du président Kabila a obtenu 23,84% des voix.
Sa plateforme a pris acte de la décision de la CENI et n’a introduit aucun recours.

 

 

RDC : le délai pour contester les résultats de l’élection présidentielle expire ce samedi


Après la publication provisoire des résultats des élections par la commission électorale nationale indépendante, la loi prévoit un délai de recours avant la publication des résultats définitifs par les juridictions compétentes. Pour la présidentielle du 30 décembre, ce délai court jusqu’à ce samedi 12 janvier matin.

Selon la loi électorale, peuvent contester les résultats provisoires de l’élection présidentielle : le parti politique ou regroupement politique ayant présenté un candidat ou son mandataire. La loi dit aussi que le candidat indépendant ou son mandataire peut contester selon le cas, les résultats.

Le délai légal accordé aux partis, regroupements politiques ou aux indépendants est de deux jours après l’annonce des résultats provisoires.

La Cour constitutionnelle examine les contentieux des élections présidentielle et législatives. Le délai d’examen du contentieux est de sept jours à compter de la date de saisine de la Cour constitutionnelle.

Les recours pour les élections provinciales sont déposés et traités par la cour administrative d’appel.

Le tribunal administratif quant à lui connait des contentieux pour les élections urbaines, communales et locales.

Le délai légal pour introduire les contestations concernant les élections législatives, provinciale, urbaine, communales et locales est de deux mois à compter de la saisine des juridictions compétentes.

RDC – Bataille électorale: Tshisekedi l’inexpérimenté, Fayulu le battant et Kabila le grand Gagnant

En République démocratique du Congo, une élection n’est pas un événement décisif, mais une partie d’une lutte sans fin pour conquérir et conserver un pouvoir dans lequel vivre pour combattre un autre jour est aussi important que de remporter un coup de grâce.

Félix Tshisekedi l’inexpérimenté

Sur une demi-douzaine de candidats importants il y a un an, seuls trois sont restés en lice pour la présidentielle passée au Congo. Felix Tshisekedi, déclaré par surprise, vainqueur provisoire du vote présidentiel fort retardé du mois dernier, est le fils de 55 ans du chef de l’opposition le plus respecté du pays, Etienne Tshisekedi décédé en 2017. Cependant, il n’a jamais occupé de hautes fonctions, ni même occupé de poste de direction, et ses qualifications professionnelles belges ont été fortement mises en doute par des détracteurs. Tshisekedi est le dirigeant de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le plus ancien et le plus important parti d’opposition de la RDC. Les critiques disent qu’il n’est pas expérimenté et qu’il n’a pas le charisme de son père. «Son père était un homme du pays. Le fils est très limité », a déclaré Valentin Mubake, ancien secrétaire général du parti de Tshisekedi au site Guardian le mois dernier.

En 2008, il est devenu secrétaire national aux relations extérieures et a été élu à l’Assemblée nationale en 2011 en tant que représentant de Mbuji-Mayi, la troisième ville du pays. Il a hérité de la direction de l’UDPS après que Étienne, a passé les 35 dernières années dans l’opposition, mais n’a jamais gagné d’élection, est mort en 2017. Plusieurs personnes se sont ruées dans les rues pour manifester leur joie et appeler Félix Tshisekedi à sauver la nation. Mais la victoire apparente de Tshisekedi est contestée, non pas par le président sortant, Kabila, dont le candidat choisi par lui-même a été vaincu, mais par son rival, l’opposant, Martin Fayulu , qui a terminé deuxième. Les quelques enquêtes fiables sur les intentions de vote avant le scrutin montrent clairement que Fayulu était de loin le favori. Les conclusions de 40 000 observateurs déployés par l’église le jour de l’élection montrent aussi qu’il a gagné.

Martin Fayulu le battant

Fayulu, qui a qualifié le résultat de «coup d’Etat électoral», n’est pas un « fils de »comme Tshisekedi et comme nombreux autres hommes politiques dynastiques du continent. Ancien dirigeant d’entreprise et vétéran de la politique depuis 30 ans, il s’est taillé une réputation de brave, honnête et efficace. Plus important encore peut-être, il a également le soutien des poids lourds politiques comme Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, tous deux contraints à l’exil effectif à l’étranger et incapables de participer aux élections. «Fayulu est venu très rapidement de presque nulle part pour devenir le champion de ce grand peuple, mais on ignore s’il dispose de la grande organisation et de la profondeur du soutien dont il a besoin maintenant. Nous sommes sur le point de le savoir », a déclaré Ben Shepherd, expert de la RDC à Chatham House à Londres.

Kabila le Gagnant

Le vrai gagnant peut être le président sortant. Kabila, âgé de 47 ans, a pris le pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père Laurent et n’a cédé qu’à contrecœur aux pressions des puissances régionales pour la tenue d’élections. Il a été presque forcé de se tenir à la limite de deux mandats comme l’indique la constitution du pays. Kabila n’a pas caché ses ambitions politiques permanentes, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles de nombreux analystes affirment que les déclarations de Fayulu selon lesquelles Tshisekedi aurait conclu un accord avec l’ancien dirigeant de la RDC pourraient bien être plus que des raisins acides. Beaucoup ont noté que la campagne de Fayulu avait subi beaucoup plus de harcèlement que celle de Tshisekedi et que la rhétorique de ce dernier à l’égard d’anciens adversaires (dont Kabila) avait subi un changement radical ces derniers jours.

Le camp de Tshisekedi a reconnu avoir été en contact avec les représentants de Kabila depuis le vote, mais a nié l’existence de tout accord et déclaré que les pourparlers visaient à assurer une transition pacifique. « Ce n’est pas un mauvais résultat pour le parti au pouvoir », a déclaré Stephanie Wolters, analyste à l’Institute for Security Studies, en Afrique du Sud. «Cela signifiera un atterrissage en douceur pour Kabila. Avec Tshisekedi, ils ne doivent rien abandonner. Kabila est bien parti et l’élite doit rester dans les parages », explique-t-elle, peut-être pour dire que même dehors et avec quelqu’un comme Tshisekedi au pouvoir, Kabila n’est pas bien loin.

RDC : « Je ne me laisserai pas voler ma victoire », assure Martin Fayulu

L’opposant Félix Tshisekedi a été proclamé vainqueur de la présidentielle, mais l’autre opposant arrivé deuxième conteste. Martin Fayulu appelle le peuple congolais à « se réveiller ».

Félix Tshisekedi a été proclamé, mercredi soir, vainqueur de l’élection présidentielle qui s’est tenue le 30 décembre 2018 en République Démocratique du Congo. Une victoire a été aussitôt contestée par une partie de l’opposition et mise en doute par la France, ce jeudi matin. « Il semble bien que les résultats proclamés ne soient pas conformes aux résultats que l’on a pu constater ici ou là », a déploré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur la chaîne d’information CNEWS.

Nous avons pu joindre celui que la plupart des observateurs désignaient comme le vainqueur logique de la présidentielle au Congo, reportée trois fois depuis 2016 : Martin Fayulu, crédité de 34,8 % par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), contre 38,57 % à Tshisekedi. La voix posée, sûr de son fait, il prépare la suite avec ses équipes, dans sa maison, située dans la capitale Kinshasa, « à 300 m seulement de celle de Kabila (NDLR : Joseph Kabila, président actuel du Congo, dont il est devenu l’opposant principal) », dit-il, dans un demi-sourire qu’on devine au téléphone.

Tout en dénonçant un « putsch électoral », Fayulu, 62 ans, ex-cadre dirigeant du groupe pétrolier ExxonMobil, appelle le « peuple congolais à ne pas se laisser voler sa victoire ».

Comment jugez-vous les résultats de la présidentielle proclamés par la Céni ?

MARTIN FAYULU. Ils sont non conformes à la réalité des urnes, et à ce que les Congolais savent depuis les premiers dépouillements. On me donne 34 % des suffrages, mais après 15 millions de bulletins dépouillés, j’étais déjà à 62 %. Et les deux autres (NDLR : Emmanuel Ramazani Shadary, le poulain du président Kabila, et Félix Antoine Tshisekedi, opposant) à environ 18 %. Les résultats proclamés hier (mercredi) sont complètement trafiqués. C’est un hold-up électoral, personne ici ou à l’étranger n’a le moindre doute là-dessus.

C’est un opposant, Félix Tshisekedi, qui est désigné vainqueur. Comment l’expliquez-vous ?

M. Tshisekedi et le président discutent depuis 2015 ! Il est totalement complice de ce putsch électoral. M. Kabila n’a aucune intention de céder le pouvoir. Il a tenté d’imposer son candidat (NDLR :Shadary), mais partout, on se moquait de lui. Si M. Tshisekedi devient le président, c’est sur un strapontin qu’il s’assiéra. Il sera le faire-valoir de Kabila qui continuera à tirer les ficelles.

Mais je vois autre chose : le président sait très bien que cette élection ne sera reconnue ni dans le pays ni à l’étranger. Le Conseil constitutionnel ne pourra pas la valider et il aura alors beau jeu de l’annuler et, pendant ce temps-là, de rester au pouvoir. Au nom de la stabilité bien sûr… C’est une manœuvre ni plus ni moins, destinée à lui faire gagner du temps. Mais elle n’aboutira pas. Elle tombera comme un château de cartes. Le temps de la dictature où on impose les vainqueurs des élections est révolu. Kabila doit partir.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a demandé à ce que « la clarté soit faite sur ces résultats qui sont inverses à ce que l’on imaginait ». Et en vous vous désignant comme « a priori le leader sortant de ces élections »…

Je remercie le ministre et la France de dire la vérité. Ils vont donner le ton aux Européens. Pas un pays sérieux ne reconnaîtra M. Tshisekedi comme président du Congo. Le peuple congolais est fatigué de toutes ces manœuvres. Il veut que Kabila s’en aille. Sa colère va exploser si la vérité des urnes est bafouée. Les morts, les coups de feu… Cela commence déjà à Kinshasa et ailleurs. Le sang sera versé par la brutalité du camp Kabila. Il portera la responsabilité des violences, comme la Commission électorale.

Vous appelez à quoi ?

Je demande au peuple congolais de se réveiller pour engager le combat et protéger sa victoire. Il veut la paix, mais ne se laissera pas voler. Je demande à l’Église catholique et à l’Église protestante de dire les vrais résultats. Je demande à l’ONU et à l’Union africaine ainsi qu’à tous les leaders du monde de soutenir les Congolais dans leur lutte pour la vérité. Je n’ai aucune intention de me laisser faire.

Craignez-vous pour votre sécurité ?

Je suis un enfant de Dieu, et je m’en remets à lui. J’ai été la cible de plusieurs tentatives d’assassinats, j’ai été battu comme un enfant… alors vous savez, je ne crains pas grand-chose. La peur m’est étrangère en ce moment. J’ai mes gardes avec moi. Et tout le peuple congolais.

Qu’allez-vous faire ce jeudi ?

C’est en discussion, mais il est fort probable que je sorte dans la rue, pour montrer à M. Kabila et au monde que les Congolais se lèvent en masse, et refuseront de se laisser pas voler. Ce sera un bon test, ces foules qui m’accompagneront !