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Politique

RDC: l’UA demande «la suspension de la proclamation définitive» des résultats
RDC: l’UA demande «la suspension de la proclamation définitive» des résultats

RDC: l’UA demande «la suspension de la proclamation définitive» des résultats

Les résultats contestés de l’élection présidentielle en RDC étaient au centre d’une réunion à huis-clos à Addis Abeba, ce jeudi 17 janvier, entre la SADC, la CIRGL et l’UA. Une rencontre à la demande de Paul Kagame, président en exercice de l’Union africaine.
Il aura fallu près de cinq heures de huis clos pour que la dizaine de chefs d’Etat et de gouvernements présents à Addis-Abeba se mettent d’accord. Le communiqué final appelle à l’arrêt du processus de proclamation des résultats finaux des résultats de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo. La Cour constitutionnelle doit normalement communiquer les résultats définitifs ce vendredi.
Les dirigeants notent qu’il subsiste « des doutes sérieux sur la conformité des résultats provisoires » donnés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), jeudi 10 janvier.
Et pour assurer le service après-vente de cette décision, une délégation va se rendre à Kinshasa en urgence. Elle sera composée de Paul Kagame, président en exercice de l’Union africaine, du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, et d’autres dirigeants qui ont pris part à la réunion. Une source à la direction de l’UA évoque leur venue pour lundi.
Le ton reste donc conciliant, mais paraît ferme. Davantage en tout cas que celui employé un peu plus tôt par six dirigeants de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe). Ils s’étaient contentés de féliciter les autorités de la RDC pour la tenue des élections dans un contexte difficile, tout en appelant la communauté internationale à ne pas s’ingérer dans les affaires internes de Kinshasa. 

Réactions en RDC

En RDC, cette déclaration de l’UA est saluée par Martin Fayulu, le candidat de la coalition Lamuka qui revendique la victoire. 
« Il est tout à fait inapproprié d’exercer quelque forme que ce soit pour une Cour [constitutionnelle] qui est appelé à prendre un arrêt qui est attendu par des millions de Congolais sur une question aussi importante que les élections », a en revanche réagi Me Aimé Kilolo, porte-parole d’Emmanuel Ramazani Shadary, candidat malheureux de la coalition au pouvoir. Et il rappelle que « la Cour constitutionnelle est la seule habilitée à vider le contentieux relatif au scrutin présidentiel. On ne s’adresse pas à une Cour constitutionnelle par voie de communiqué. Cela se fait par requête, suivant la procédure prévue à cet effet. »
Le secrétaire général de l’actuelle majorité au pouvoir en RDC et président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, assure que les autorités congolaises accepteront le dialogue avec l’UA.
Corneille Nangaa, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), n’a de son côté pas souhaité réagir. L’UDPS, le parti de Félix Tshisekedi, déclaré vainqueur de la présidentielle du 30 janvier selon les résultats provisoires de la Céni, n’était pas joignable jeudi soir. 

 

Seth Kikuni, candidat malheureux à la présidentielle accuse C.Nangaa d’avoir détourné ses voix au profit de Shadary

Le candidat malheureux à l’élection présidentielle du 30 décembre dernier, Seth Kikuni a accusé le président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) Corneille Nangaa, de détourner ses voix au profil du candidat du Front Commun pour le Congo (FCC) Emmanuel Ramazani Shadary.

« Corneille Naanga mérite la prison. Il a même reduit à 10% le peu de voix que j’ai obtenu pour les donner à Shadary. Quelle cruauté! », a -t-il twitté ce mercredi 16 janvier 2019.
Pour rappel, le résultat provisoire de la CENI à la présidentielle consacre le candidat commun de cap pour le changement (CACH) Félix Tshisekedi vainqueur avec 38,57% des voix.
Il est suivi de l’opposant de la Coalition LAMUKA Martin Fayulu qui a saisi la cour constitutionnelle en consternation des ses résultats.
Le dauphin du président Kabila a obtenu 23,84% des voix.
Sa plateforme a pris acte de la décision de la CENI et n’a introduit aucun recours.

 

 

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De retour à Libreville, Ali Bongo se montre en public pour la 1ère fois

Absent de son pays depuis deux mois et demi suite à un accident vasculaire cérébral, le chef de l’Etat gabonais, en convalescence au Maroc, est arrivé au Gabon dans la nuit du 14 au 15 janvier 2019, en toute discrétion.

Une semaine après la tentative de coup d’Etat du 7 janvier, Ali Bongo Ondimba, absent de son pays depuis le 24 octobre dernier suite à un accident vasculaire cérébral (AVC), est rentré de Rabat, au Maroc et a puis regagner son pays pour y poursuivre sa convalescence. La télévision nationale a ainsi confirmé que la cérémonie de prestation de serment des 38 membres du nouveau gouvernement aurait lieu ce mardi au palais présidentiel de Libreville en présence du président convalescent.

Cette première apparition publique d’Ali Bongo devant ses concitoyens sera l’occasion pour les Gabonais de scruter les capacités physiques et orales de leur chef d’Etat. Différentes sources médiatiques à Libreville ont confirmé que l’avion du Président a atterri, à une heure tardive, très loin de tout regard indiscret à l’aéroport de Libreville.

Le chef de l’État était absent du pays après avoir été victime d’un accident vasculaire fin octobre en Arabie Saoudite. Il a passé un mois sur place avant de poursuivre sa convalescence au Maroc, rappelle Gabonactu.com. Le site précise que ce retour au pays est dicté par l’alinéa 4 de l’article 15 de la Constitution : Avant leur entrée en fonction, les membres du gouvernement prêtent serment devant le président de la République en présence de la Cour constitutionnelle.”

Depuis l’hospitalisation d’Ali Bongo à Ryad, en Arabie saoudite, les rumeurs n’ont cessé de courir sur son état de santé, certains n’hésitant pas à le donner pour mort. En cause, selon des opposants gabonais, la communication officielle quasi mutique à propos de l’état de santé d’Ali Bongo, 59 ans et au pouvoir depuis 2009.

De fait, il a fallu plusieurs semaines avant que les autorités ne reconnaissent que M. Bongo avait fait un AVC, et plusieurs mois avant que des images de ce dernier ne soient diffusées. Dupuis sa maladie en octobre dernier, sa seule apparition télévisée et enregistrée depuis le Maroc où il fut transféré début décembre pour y poursuivre sa convalescence, est celle des traditionnels vœux de la Saint-Sylvestre. Mais à l’écran, Bongo est apparu changé, avec un strabisme. Ses détracteurs n’en furent que plus inquiets.

RDC : le délai pour contester les résultats de l’élection présidentielle expire ce samedi


Après la publication provisoire des résultats des élections par la commission électorale nationale indépendante, la loi prévoit un délai de recours avant la publication des résultats définitifs par les juridictions compétentes. Pour la présidentielle du 30 décembre, ce délai court jusqu’à ce samedi 12 janvier matin.

Selon la loi électorale, peuvent contester les résultats provisoires de l’élection présidentielle : le parti politique ou regroupement politique ayant présenté un candidat ou son mandataire. La loi dit aussi que le candidat indépendant ou son mandataire peut contester selon le cas, les résultats.

Le délai légal accordé aux partis, regroupements politiques ou aux indépendants est de deux jours après l’annonce des résultats provisoires.

La Cour constitutionnelle examine les contentieux des élections présidentielle et législatives. Le délai d’examen du contentieux est de sept jours à compter de la date de saisine de la Cour constitutionnelle.

Les recours pour les élections provinciales sont déposés et traités par la cour administrative d’appel.

Le tribunal administratif quant à lui connait des contentieux pour les élections urbaines, communales et locales.

Le délai légal pour introduire les contestations concernant les élections législatives, provinciale, urbaine, communales et locales est de deux mois à compter de la saisine des juridictions compétentes.

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Sondage : la confiance en Macron chute de 13 points en un an, selon le Cevipof

Le président Emmanuel Macron a perdu 13 points de confiance en un an, selon un sondage du Cevipof, qui révèle également une forte défiance des Français vis-à-vis des institutions.

La confiance dans le président Emmanuel Macron est à son plus bas historique (23%), soit 13 points de moins que l’an passé, ainsi que celle du Premier ministre Edouard Philippe (25%) qui perd 11 points, selon un baromètre du Cevipof publié vendredi dans Le Figaro.

Les maires tirent leur épingle du jeu.Plus globalement, la défiance des Français vis-à-vis des institutions politiques et des acteurs de la vie démocratique est au plus haut, en pleine crise des « gilets jaunes », selon ce baromètre annuel réalisé depuis 10 ans par Opinionway pour le laboratoire de SciencesPo. Les députés (31%, moins 4 points) ne sont pas beaucoup mieux lotis. De toutes les institutions politiques, seuls les maires tirent véritablement leur épingle du jeu (58%, en hausse de 3 points), traduisant une demande de proximité des électeurs.

Les PME, l’armée et la police appréciées. La confiance dans les syndicats (27%), les médias (23%) ou les partis politiques (9%) stagne également à des niveaux très bas, alors qu’en revanche les hôpitaux (78%), les PME (78%), l’armée (74%), la police (74%) ou l’école (69%) restent très majoritairement appréciés.

Seuls 27% des sondés estiment que la démocratie fonctionne bien en France (moins 9 points en un an) et à peine 14% (moins 2 points) jugent que les responsables politiques se préoccupent de ce que les « gens comme vous » pensent.

Lassitude (32%, +7), morosité (31%, +8) et méfiance (29%, +4) sont les trois mots qui expriment le mieux l’état d’esprit des Français, qui débouche sur une sévérité extrême à l’égard de la politique qui leur inspire très majoritairement des sentiments négatifs: méfiance (37%, -2), dégoût (32%, +7), ennui (8%) ou peur (4%).

*Enquête réalisée en ligne par Opinionway du 13 au 24 décembre 2018 auprès de 2.116 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1 à 2,2 points.

RDC – Bataille électorale: Tshisekedi l’inexpérimenté, Fayulu le battant et Kabila le grand Gagnant

En République démocratique du Congo, une élection n’est pas un événement décisif, mais une partie d’une lutte sans fin pour conquérir et conserver un pouvoir dans lequel vivre pour combattre un autre jour est aussi important que de remporter un coup de grâce.

Félix Tshisekedi l’inexpérimenté

Sur une demi-douzaine de candidats importants il y a un an, seuls trois sont restés en lice pour la présidentielle passée au Congo. Felix Tshisekedi, déclaré par surprise, vainqueur provisoire du vote présidentiel fort retardé du mois dernier, est le fils de 55 ans du chef de l’opposition le plus respecté du pays, Etienne Tshisekedi décédé en 2017. Cependant, il n’a jamais occupé de hautes fonctions, ni même occupé de poste de direction, et ses qualifications professionnelles belges ont été fortement mises en doute par des détracteurs. Tshisekedi est le dirigeant de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le plus ancien et le plus important parti d’opposition de la RDC. Les critiques disent qu’il n’est pas expérimenté et qu’il n’a pas le charisme de son père. «Son père était un homme du pays. Le fils est très limité », a déclaré Valentin Mubake, ancien secrétaire général du parti de Tshisekedi au site Guardian le mois dernier.

En 2008, il est devenu secrétaire national aux relations extérieures et a été élu à l’Assemblée nationale en 2011 en tant que représentant de Mbuji-Mayi, la troisième ville du pays. Il a hérité de la direction de l’UDPS après que Étienne, a passé les 35 dernières années dans l’opposition, mais n’a jamais gagné d’élection, est mort en 2017. Plusieurs personnes se sont ruées dans les rues pour manifester leur joie et appeler Félix Tshisekedi à sauver la nation. Mais la victoire apparente de Tshisekedi est contestée, non pas par le président sortant, Kabila, dont le candidat choisi par lui-même a été vaincu, mais par son rival, l’opposant, Martin Fayulu , qui a terminé deuxième. Les quelques enquêtes fiables sur les intentions de vote avant le scrutin montrent clairement que Fayulu était de loin le favori. Les conclusions de 40 000 observateurs déployés par l’église le jour de l’élection montrent aussi qu’il a gagné.

Martin Fayulu le battant

Fayulu, qui a qualifié le résultat de «coup d’Etat électoral», n’est pas un « fils de »comme Tshisekedi et comme nombreux autres hommes politiques dynastiques du continent. Ancien dirigeant d’entreprise et vétéran de la politique depuis 30 ans, il s’est taillé une réputation de brave, honnête et efficace. Plus important encore peut-être, il a également le soutien des poids lourds politiques comme Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, tous deux contraints à l’exil effectif à l’étranger et incapables de participer aux élections. «Fayulu est venu très rapidement de presque nulle part pour devenir le champion de ce grand peuple, mais on ignore s’il dispose de la grande organisation et de la profondeur du soutien dont il a besoin maintenant. Nous sommes sur le point de le savoir », a déclaré Ben Shepherd, expert de la RDC à Chatham House à Londres.

Kabila le Gagnant

Le vrai gagnant peut être le président sortant. Kabila, âgé de 47 ans, a pris le pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père Laurent et n’a cédé qu’à contrecœur aux pressions des puissances régionales pour la tenue d’élections. Il a été presque forcé de se tenir à la limite de deux mandats comme l’indique la constitution du pays. Kabila n’a pas caché ses ambitions politiques permanentes, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles de nombreux analystes affirment que les déclarations de Fayulu selon lesquelles Tshisekedi aurait conclu un accord avec l’ancien dirigeant de la RDC pourraient bien être plus que des raisins acides. Beaucoup ont noté que la campagne de Fayulu avait subi beaucoup plus de harcèlement que celle de Tshisekedi et que la rhétorique de ce dernier à l’égard d’anciens adversaires (dont Kabila) avait subi un changement radical ces derniers jours.

Le camp de Tshisekedi a reconnu avoir été en contact avec les représentants de Kabila depuis le vote, mais a nié l’existence de tout accord et déclaré que les pourparlers visaient à assurer une transition pacifique. « Ce n’est pas un mauvais résultat pour le parti au pouvoir », a déclaré Stephanie Wolters, analyste à l’Institute for Security Studies, en Afrique du Sud. «Cela signifiera un atterrissage en douceur pour Kabila. Avec Tshisekedi, ils ne doivent rien abandonner. Kabila est bien parti et l’élite doit rester dans les parages », explique-t-elle, peut-être pour dire que même dehors et avec quelqu’un comme Tshisekedi au pouvoir, Kabila n’est pas bien loin.

RDC : « Je ne me laisserai pas voler ma victoire », assure Martin Fayulu

L’opposant Félix Tshisekedi a été proclamé vainqueur de la présidentielle, mais l’autre opposant arrivé deuxième conteste. Martin Fayulu appelle le peuple congolais à « se réveiller ».

Félix Tshisekedi a été proclamé, mercredi soir, vainqueur de l’élection présidentielle qui s’est tenue le 30 décembre 2018 en République Démocratique du Congo. Une victoire a été aussitôt contestée par une partie de l’opposition et mise en doute par la France, ce jeudi matin. « Il semble bien que les résultats proclamés ne soient pas conformes aux résultats que l’on a pu constater ici ou là », a déploré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur la chaîne d’information CNEWS.

Nous avons pu joindre celui que la plupart des observateurs désignaient comme le vainqueur logique de la présidentielle au Congo, reportée trois fois depuis 2016 : Martin Fayulu, crédité de 34,8 % par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), contre 38,57 % à Tshisekedi. La voix posée, sûr de son fait, il prépare la suite avec ses équipes, dans sa maison, située dans la capitale Kinshasa, « à 300 m seulement de celle de Kabila (NDLR : Joseph Kabila, président actuel du Congo, dont il est devenu l’opposant principal) », dit-il, dans un demi-sourire qu’on devine au téléphone.

Tout en dénonçant un « putsch électoral », Fayulu, 62 ans, ex-cadre dirigeant du groupe pétrolier ExxonMobil, appelle le « peuple congolais à ne pas se laisser voler sa victoire ».

Comment jugez-vous les résultats de la présidentielle proclamés par la Céni ?

MARTIN FAYULU. Ils sont non conformes à la réalité des urnes, et à ce que les Congolais savent depuis les premiers dépouillements. On me donne 34 % des suffrages, mais après 15 millions de bulletins dépouillés, j’étais déjà à 62 %. Et les deux autres (NDLR : Emmanuel Ramazani Shadary, le poulain du président Kabila, et Félix Antoine Tshisekedi, opposant) à environ 18 %. Les résultats proclamés hier (mercredi) sont complètement trafiqués. C’est un hold-up électoral, personne ici ou à l’étranger n’a le moindre doute là-dessus.

C’est un opposant, Félix Tshisekedi, qui est désigné vainqueur. Comment l’expliquez-vous ?

M. Tshisekedi et le président discutent depuis 2015 ! Il est totalement complice de ce putsch électoral. M. Kabila n’a aucune intention de céder le pouvoir. Il a tenté d’imposer son candidat (NDLR :Shadary), mais partout, on se moquait de lui. Si M. Tshisekedi devient le président, c’est sur un strapontin qu’il s’assiéra. Il sera le faire-valoir de Kabila qui continuera à tirer les ficelles.

Mais je vois autre chose : le président sait très bien que cette élection ne sera reconnue ni dans le pays ni à l’étranger. Le Conseil constitutionnel ne pourra pas la valider et il aura alors beau jeu de l’annuler et, pendant ce temps-là, de rester au pouvoir. Au nom de la stabilité bien sûr… C’est une manœuvre ni plus ni moins, destinée à lui faire gagner du temps. Mais elle n’aboutira pas. Elle tombera comme un château de cartes. Le temps de la dictature où on impose les vainqueurs des élections est révolu. Kabila doit partir.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a demandé à ce que « la clarté soit faite sur ces résultats qui sont inverses à ce que l’on imaginait ». Et en vous vous désignant comme « a priori le leader sortant de ces élections »…

Je remercie le ministre et la France de dire la vérité. Ils vont donner le ton aux Européens. Pas un pays sérieux ne reconnaîtra M. Tshisekedi comme président du Congo. Le peuple congolais est fatigué de toutes ces manœuvres. Il veut que Kabila s’en aille. Sa colère va exploser si la vérité des urnes est bafouée. Les morts, les coups de feu… Cela commence déjà à Kinshasa et ailleurs. Le sang sera versé par la brutalité du camp Kabila. Il portera la responsabilité des violences, comme la Commission électorale.

Vous appelez à quoi ?

Je demande au peuple congolais de se réveiller pour engager le combat et protéger sa victoire. Il veut la paix, mais ne se laissera pas voler. Je demande à l’Église catholique et à l’Église protestante de dire les vrais résultats. Je demande à l’ONU et à l’Union africaine ainsi qu’à tous les leaders du monde de soutenir les Congolais dans leur lutte pour la vérité. Je n’ai aucune intention de me laisser faire.

Craignez-vous pour votre sécurité ?

Je suis un enfant de Dieu, et je m’en remets à lui. J’ai été la cible de plusieurs tentatives d’assassinats, j’ai été battu comme un enfant… alors vous savez, je ne crains pas grand-chose. La peur m’est étrangère en ce moment. J’ai mes gardes avec moi. Et tout le peuple congolais.

Qu’allez-vous faire ce jeudi ?

C’est en discussion, mais il est fort probable que je sorte dans la rue, pour montrer à M. Kabila et au monde que les Congolais se lèvent en masse, et refuseront de se laisser pas voler. Ce sera un bon test, ces foules qui m’accompagneront !

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RDC : La Cenco n’a pas les mêmes chiffres que la Ceni

Les évêques de la conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) sont sortis de leur silence quelques heures après la publication des chiffres du scrutin par la Ceni.

Les évêques ont commencé par rappeler les moyens qu’ils ont déployés pour superviser le processus électoral et pour s’assurer d’une bonne remontée des informations des bureaux de vote jusqu’à leur call center.

Ces éléments factuels posés, les évêques ont pris note « de la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle qui, pour la première fois dans l’histoire récente de notre pays, ouvre la voie à l’alternance au sommet de l’Etat. Cependant, de l’analyse des éléments observés par cette mission, nous constatons que les résultats de l’élection présidentielle tels que publiés par la Ceni ne correspondent pas aux données collectées par notre mission d’observation à partir des bureaux de vote et de dépouillement ».

Ce constat posé, ils ont appelé au calme et à la retenue en cas d’une éventuelle contestation de ces résultats provisoires.

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RD Congo : Félix Tshisekedi proclamé président

Selon la Ceni, l’opposant et président de l’UDPS emporte la présidentielle avec 38,57 % des voix devant Martin Fayulu, candidat de l’opposition regroupée au sein de Lamuka qui récolte 34,8 % des suffrages. Le candidat de Kabila, Emmanuel Shadary, ne convainc que 23,8 % des votants.

Ainsi, au regard des résultats donnés par la commission électorale, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, 55 ans, devient le président « provisoirement élu » qui doit succéder au chef de l’État sortant Joseph Kabila, 47 ans. « Provisoirement élu », car les résultats de la Céni peuvent encore faire l’objet de recours devant la Cour constitutionnelle qui proclamera les résultats définitifs. Quoi qu’il en soit, c’est un événement sans précédent en République démocratique du Congo où par trois fois depuis 2016 l’élection présidentielle a été reportée.

Une situation historique

La RDC, plus grand pays d’Afrique subsaharienne, vit ainsi une double situation historique. C’est la première fois qu’un opposant est proclamé vainqueur d’une élection présidentielle après les deux élections de M. Kabila en 2006 et 2011. C’est aussi la première fois que le président sortant acceptera de se retirer sous la pression de la Constitution et non des armes. M. Kabila ne pouvait pas briguer un troisième mandat. Cela dit, il appartient maintenant à la Cour constitutionnelle de publier les résultats définitifs d’ici le 15 janvier, selon l’actuel calendrier électoral qui a pris trois jours de retard. La prestation de serment du nouveau président élu pour un mandat de cinq ans est prévue le 18 janvier, selon ce même chronogramme.

Qui est Félix Tshisekedi ? 

Le nouveau président « provisoirement élu » est d’abord le fils d’une figure majeure de l’histoire politique congolaise, Étienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février 2017. D’ailleurs, près de deux ans après le décès de Tshisekedi père, le corps de celui-ci repose toujours à Bruxelles, officiellement faute d’accord pour les obsèques entre son parti l’UDPS, la famille et le pouvoir. Pour ce qui est de cette campagne présidentielle, Félix Tshisekedi a fait équipe avec l’ex-président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, lequel doit devenir en cas de victoire confirmée Premier ministre selon l’accord entre les deux hommes.

Son attitude par rapport à Joseph Kabila

Maintenant que la campagne est terminée et que les résultats sont proclamés, il y a lieu de revenir sur l’évolution des attitudes de Félix Tshisekedi à l’endroit de Joseph Kabila. Notons que ces derniers jours, il avait aussi tendu la main au président Kabila. Dans un entretien au quotidien belge Le Soir, M. Tshisekedi avait déclaré au sujet du président sortant qu’il « est évident qu’il pourra vivre tranquillement dans son pays, vaquer à ses occupations, il n’a rien à craindre » s’il quitte le pouvoir. Mieux, il était allé au-delà de ces garanties sur la sécurité du président sortant : « Un jour, nous devrons même songer à lui rendre hommage pour avoir accepté de se retirer. Pourquoi, compte tenu de son expérience, ne pas lui confier des tâches diplomatiques spéciales, faire de lui un ambassadeur extraordinaire du Congo ? » avait-il ajouté.

Allant dans le même sens, le secrétaire général de l’UDPS, Jean-Marc Kabund, avait par la suite suggéré « une rencontre » entre MM. Tshisekedi et Kabila « pour préparer la passation pacifique et civilisée du pouvoir », et ce, avant même la proclamation des résultats. « Nous n’allons pas rejeter la main tendue parce qu’il y a un temps pour tout. Un temps pour s’opposer et se disputer l’électorat, mais aussi un temps pour s’unir », a réagi le porte-parole du gouvernement et du candidat du pouvoir Lambert Mende sur la radio onusienne Okapi. Ces déclarations ont nourri des rumeurs d’un rapprochement qui n’ont pas été démenties et qui ont suscité la colère dans le camp de l’autre opposant, Martin Fayulu. À mots voilés, ses partisans ont mis en garde contre un accord dans leur dos. « Kabila n’a pas à dire : je veux telle personne, je ne veux pas de telle. Ce n’est sa résidence privée ni une affaire de famille, c’est une affaire d’État », a déclaré à l’AFP la porte-parole de la coalition Lamuka formée autour de M. Fayulu, Eve Bazaiba. Quoi qu’il en soit, ces derniers jours, l’opposition et les observateurs de l’Église catholique avaient appelé la Commission électorale à ne pas trahir « la vérité des urnes » avec à l’esprit l’épisode de 2011 où la réélection du président Kabila avait été entachée de contestation et de violences.

Tenir compte de la configuration de l’Assemblée nationale

S’il est confirmé, le nouveau président devra disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale pour gouverner. Les élections législatives et provinciales ont eu le même jour que la présidentielle le dimanche 30 décembre. Le nouveau président issu de l’opposition devra aussi composer avec les forces de sécurité acquises au président Kabila et avec les milieux économiques. Il ne pourra manquer de tenir compte du fait qu’avec deux ans de retard, le président Kabila avait accepté de se retirer contraint par la Constitution qui lui interdisait un troisième mandat de cinq ans vu qu’il est au pouvoir depuis l’assassinat de son père et prédécesseur le 16 janvier 2001. Dernier point : Joseph Kabila reste en fonction « jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu », selon les termes de la Constitution.

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RDC : monter la pression en affirmant connaître le vainqueur de l’élection

Les évêques congolais, qui ont déployé plus de 40 000 observateurs pour surveiller le déroulement de l’élection présidentielle, ont demandé jeudi la vérité aux autorités sur le scrutin, dont les résultats ne sont toujours pas connus. 

Alors que les résultats de la présidentielle du 30 décembre se font toujours attendre, les évêques congolais ont décidé jeudi de taper du poing sur la table. L’Église catholique a repris son rôle de contre-pouvoir en république démocratique du Congo en affirmant connaître le nom du vainqueur de l’élection présidentielle, rapporte Radio Okapisur son site Internet.

La conférence épiscopale (Cenco) “constate que les données à sa disposition issues des procès-verbaux des bureaux de vote consacrent le choix d’un candidat comme président de la République”, a-t-elle indiqué en présentant le rapport préliminaire de ses observateurs électoraux. Une manière de faire pression sur la commission électorale (Ceni) et d’exiger la vérité sur ce scrutin, entaché de nombreux soupçons de fraude et marqué par des attaques contre la presse. Jeudi soir, la correspondante de la radio RFI, Florence Morice, a notamment été contrainte de quitter Kinshasa, accusée par les autorités d’avoir dévoilé des résultats.

À Kinshasa, “les résidents stockent de la nourriture” en prévision d’éventuels troubles

L’Église catholique congolaise, l’une des institutions les plus crédibles du pays, a déployé plus de 40 000 observateurs pour surveiller le déroulement de l’élection présidentielle, censée marquer le premier transfert démocratique du pouvoir, après les dix-sept ans de règne de Joseph Kabila.

Bien que des sondages publiés avant l’élection placent Martin Fayulu et Félix Tshisekedi, candidats d’opposition, en tête, de nombreux observateurs “craignent qu’Emmanuel Ramazani Shadary (le dauphin de Joseph Kabila) soit déclaré vainqueur de façon frauduleuse”, noteThe Economist“S’il perd, les responsables peuvent trouver un prétexte pour invalider l’élection. Dans les deux cas, des manifestants vont sans aucun doute descendre dans la rue. Les consultants en gestions des risques sont en train d’avertir leurs clients de quitter le pays. Les résidents de Kinshasa ont commencé à stocker de la nourriture pour pouvoir tenir si nécessaire. Le Congo attend”, conclut le magazine britannique.

“Plus l’attente sera longue, plus le grabuge sera grand”

Dans ce contexte explosif, le président de la Commission électorale congolaise, Corneille Nangaa, a cherché à préparer les esprits à un report de la proclamation des résultats provisoires, originellement prévue “au plus tard” dimanche 6 janvier.

“Tous les ingrédients sont réunis pour une déflagration”, estime le journaliste Outélé Keita dans le quotidien burkinabé Le Pays. “Plus l’attente sera longue, plus le grabuge redouté sera grand. Et le black-out des autorités sur la compilation des résultats n’est pas fait pour arranger les chosesC’est pourquoi il y a lieu de nourrir de sérieuses inquiétudes pour la RDC”, prévient-il.