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Election

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RDC : La Cenco n’a pas les mêmes chiffres que la Ceni

Les évêques de la conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) sont sortis de leur silence quelques heures après la publication des chiffres du scrutin par la Ceni.

Les évêques ont commencé par rappeler les moyens qu’ils ont déployés pour superviser le processus électoral et pour s’assurer d’une bonne remontée des informations des bureaux de vote jusqu’à leur call center.

Ces éléments factuels posés, les évêques ont pris note « de la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle qui, pour la première fois dans l’histoire récente de notre pays, ouvre la voie à l’alternance au sommet de l’Etat. Cependant, de l’analyse des éléments observés par cette mission, nous constatons que les résultats de l’élection présidentielle tels que publiés par la Ceni ne correspondent pas aux données collectées par notre mission d’observation à partir des bureaux de vote et de dépouillement ».

Ce constat posé, ils ont appelé au calme et à la retenue en cas d’une éventuelle contestation de ces résultats provisoires.

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RD Congo : Félix Tshisekedi proclamé président

Selon la Ceni, l’opposant et président de l’UDPS emporte la présidentielle avec 38,57 % des voix devant Martin Fayulu, candidat de l’opposition regroupée au sein de Lamuka qui récolte 34,8 % des suffrages. Le candidat de Kabila, Emmanuel Shadary, ne convainc que 23,8 % des votants.

Ainsi, au regard des résultats donnés par la commission électorale, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, 55 ans, devient le président « provisoirement élu » qui doit succéder au chef de l’État sortant Joseph Kabila, 47 ans. « Provisoirement élu », car les résultats de la Céni peuvent encore faire l’objet de recours devant la Cour constitutionnelle qui proclamera les résultats définitifs. Quoi qu’il en soit, c’est un événement sans précédent en République démocratique du Congo où par trois fois depuis 2016 l’élection présidentielle a été reportée.

Une situation historique

La RDC, plus grand pays d’Afrique subsaharienne, vit ainsi une double situation historique. C’est la première fois qu’un opposant est proclamé vainqueur d’une élection présidentielle après les deux élections de M. Kabila en 2006 et 2011. C’est aussi la première fois que le président sortant acceptera de se retirer sous la pression de la Constitution et non des armes. M. Kabila ne pouvait pas briguer un troisième mandat. Cela dit, il appartient maintenant à la Cour constitutionnelle de publier les résultats définitifs d’ici le 15 janvier, selon l’actuel calendrier électoral qui a pris trois jours de retard. La prestation de serment du nouveau président élu pour un mandat de cinq ans est prévue le 18 janvier, selon ce même chronogramme.

Qui est Félix Tshisekedi ? 

Le nouveau président « provisoirement élu » est d’abord le fils d’une figure majeure de l’histoire politique congolaise, Étienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février 2017. D’ailleurs, près de deux ans après le décès de Tshisekedi père, le corps de celui-ci repose toujours à Bruxelles, officiellement faute d’accord pour les obsèques entre son parti l’UDPS, la famille et le pouvoir. Pour ce qui est de cette campagne présidentielle, Félix Tshisekedi a fait équipe avec l’ex-président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, lequel doit devenir en cas de victoire confirmée Premier ministre selon l’accord entre les deux hommes.

Son attitude par rapport à Joseph Kabila

Maintenant que la campagne est terminée et que les résultats sont proclamés, il y a lieu de revenir sur l’évolution des attitudes de Félix Tshisekedi à l’endroit de Joseph Kabila. Notons que ces derniers jours, il avait aussi tendu la main au président Kabila. Dans un entretien au quotidien belge Le Soir, M. Tshisekedi avait déclaré au sujet du président sortant qu’il « est évident qu’il pourra vivre tranquillement dans son pays, vaquer à ses occupations, il n’a rien à craindre » s’il quitte le pouvoir. Mieux, il était allé au-delà de ces garanties sur la sécurité du président sortant : « Un jour, nous devrons même songer à lui rendre hommage pour avoir accepté de se retirer. Pourquoi, compte tenu de son expérience, ne pas lui confier des tâches diplomatiques spéciales, faire de lui un ambassadeur extraordinaire du Congo ? » avait-il ajouté.

Allant dans le même sens, le secrétaire général de l’UDPS, Jean-Marc Kabund, avait par la suite suggéré « une rencontre » entre MM. Tshisekedi et Kabila « pour préparer la passation pacifique et civilisée du pouvoir », et ce, avant même la proclamation des résultats. « Nous n’allons pas rejeter la main tendue parce qu’il y a un temps pour tout. Un temps pour s’opposer et se disputer l’électorat, mais aussi un temps pour s’unir », a réagi le porte-parole du gouvernement et du candidat du pouvoir Lambert Mende sur la radio onusienne Okapi. Ces déclarations ont nourri des rumeurs d’un rapprochement qui n’ont pas été démenties et qui ont suscité la colère dans le camp de l’autre opposant, Martin Fayulu. À mots voilés, ses partisans ont mis en garde contre un accord dans leur dos. « Kabila n’a pas à dire : je veux telle personne, je ne veux pas de telle. Ce n’est sa résidence privée ni une affaire de famille, c’est une affaire d’État », a déclaré à l’AFP la porte-parole de la coalition Lamuka formée autour de M. Fayulu, Eve Bazaiba. Quoi qu’il en soit, ces derniers jours, l’opposition et les observateurs de l’Église catholique avaient appelé la Commission électorale à ne pas trahir « la vérité des urnes » avec à l’esprit l’épisode de 2011 où la réélection du président Kabila avait été entachée de contestation et de violences.

Tenir compte de la configuration de l’Assemblée nationale

S’il est confirmé, le nouveau président devra disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale pour gouverner. Les élections législatives et provinciales ont eu le même jour que la présidentielle le dimanche 30 décembre. Le nouveau président issu de l’opposition devra aussi composer avec les forces de sécurité acquises au président Kabila et avec les milieux économiques. Il ne pourra manquer de tenir compte du fait qu’avec deux ans de retard, le président Kabila avait accepté de se retirer contraint par la Constitution qui lui interdisait un troisième mandat de cinq ans vu qu’il est au pouvoir depuis l’assassinat de son père et prédécesseur le 16 janvier 2001. Dernier point : Joseph Kabila reste en fonction « jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu », selon les termes de la Constitution.

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Elections en RDC: la coupure d’Internet crée un climat de suspicion

 

Internet est coupé en République démocratique du Congo (RDC) depuis le 31 décembre au matin. Selon des opérateurs de téléphonie, cette mesure a été prise sur instruction du gouvernement, qui n’a pas donné pour le moment de justification officielle. Elle intervient au lendemain des élections générales et suscite des réactions de suspicion de la part de l’opposition et de la société civile congolaise. Par ailleurs, RFI n’est pas audible sur sa fréquence habituelle dans la capitale Kinshasa.

D’après Aubin Minaku, secrétaire général de la majorité au pouvoir en RDC et président de l’Assemblée nationale, des raisons sécuritaires justifieraient cette coupure des communications dans le pays au lendemain des élections générales.

« Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont l’une des principales sources d’information pour les Congolais, explique de son côté Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de l’ONG Journalistes en danger. Et à l’heure actuelle, il est impossible de savoir ce qui se passe dans le pays et c’est ce qu’ils veulent ».

Collecte des données

Les candidats de l’opposition, eux, estiment que le gouvernement aurait pris cette décision pour empêcher un dépouillement en toute transparence. « Compte tenu de l’impraticabilité des routes en RDC, surtout en cette saison des pluies, Internet est indispensable pour la collecte des données », se désole Abraham Lukabuanga, porte-parole du candidat Félix Tshisekedi.

Même son de cloche du côté du candidat Martin Fayulu. Eve Bazaïba, sa porte-parole, rappelle que l’application WhatsApp et les SMS restent les moyens les plus simples pour les observateurs de communiquer les résultats provisoires des bureaux dans lesquels ils sont déployés.

« Pour nous, c’est une décision liberticide et anti-constitutionnelleestimait déjà le 31 décembre Israël Mutala, président de l’Association Médias en ligne et également patron du site 7sur7.com. Les autorités elles-mêmes ont dit que les élections se sont passées relativement bien, sans violence. Je ne vois donc pas pourquoi, aujourd’hui, on couperait Internet au motif que les tendances qui remontent sur les réseaux sociaux peuvent conduire à une insurrection ou à un désordre public. »

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Madagascar: la bataille des alliances pour le second tour a commencé

Demain, les deux finalistes du premier tour de la présidentielle reprendront le chemin des meetings pour une vaste tournée dans le pays. Le défi, en ce moment, réside dans les alliances conclues entre les candidats et leurs ex-adversaires. Petit tour d’horizon de ces coalitions stratégiques et de cette guerre des chiffres.
« En politique, il n’y a ni d’éternels ennemis, ni d’éternels amis », déclarait la semaine dernière le candidat Marc Ravalomanana. Il affirmait par la même occasion que 70% des 34 candidats recalés du premier tour avaient rallié son clan.
Qu’en est-il réellement ? Difficile de le savoir. Beaucoup ne se sont pas encore prononcés officiellement. Certains comme le président sortant Hery Rajaonarimampianina, arrivé en 3e position, le pasteur Mailhol (4e) ou l’ex-ministre Paul Rabary ont déjà fait savoir qu’ils refusaient de donner une consigne de vote.
En revanche, la magistrate Fanirisoa Ernaivo, Eliana Bezaza ou encore Benjamin Radavidson ont annoncé soutenir Ravalomanana. Côté Rajoelina, seule Saraha Rabeharisoa a pour le moment rallié le camp orange.
Toutefois, explique un proche conseiller de Rajoelina qui a souhaité garder l’anonymat, « beaucoup d’élus locaux et de députés HVM [le parti du président sortant] sont en train de renforcer nos rangs. Notamment des députés de circonscriptions stratégiques comme la Sava ou le Grand Sud, dans lesquels le président a fait de gros scores ».
De belles prises, donc, puisque ces autorités locales jouissent d’une vraie influence sur les électeurs. « En terme d’idéologiepoursuit le conseiller, les partisans HVM sont plus proches de nous que de notre concurrent ». Ce dernier révèle également que deux ministres HVM de l’actuel gouvernement ont rallié leur camp.
Samedi, un conseiller de Ravalomanana déclarait sur notre antenne que « 80% des maires, sénateurs ou conseillers municipaux HVM » leur avaient déjà assuré de leur soutien. « Pas crédible ! » rétorque le clan Rajoelina qui revendique lui les trois-quarts des députés de l’Assemblée nationale (incluant les 49 députés Mapar, le parti d’Andry Rajoelina). Une guerre d’annonces et de chiffres qui ne fait que commencer, à la veille d’une campagne décisive pour un scrutin historique.
Mardi 4 décembre, Andry Rajoelina inaugurera sa campagne en périphérie de la capitale en donnant plusieurs meetings dans différentes villes. Tandis que Marc Ravalomanana, lui, participera à un culte donné en direct de son QG.